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23042009

Henri Bergson déclare : « […] Ainsi chacun de nous a sa manière d’aimer et de haïr, et cet amour, cette haine, reflètent sa personnalité tout entière. Cependant le langage désigne ces états par les mêmes mots chez tous les hommes ; aussi n’a-t-il pu fixer que l’aspect objectif et impersonnel de l’amour, de la haine, et des mille sentiments qui agitent l’âme. Nous jugeons du talent d’un romancier à la puissance avec laquelle il tire du domaine public, où le langage les avait fait descendre, des sentiments et des idées auxquels il essaie de rendre, par une multiplicité de détails qui se juxtaposent, leur primitive et vivante individualité, nous associons des idées les unes aux autres et que ces idées se juxtaposent au lieu de se pénétrer,[...] nous échouons à traduire entièrement ce que notre âme ressent […]». En effet, l’un des principaux objets d’étude du philosophe Henri Bergson est le langage. 

L’extrait de l’œuvre de ce philosophe que nous allons étudier a pour leitmotiv, pour thème général le fait que le langage accentue l’écart entre la réalité du monde et la représentation que nous nous en faisons ce qui peut paraître paradoxal puisque le langage a pour fonction d’exprimer la pensée et de permettre la communication entre les hommes, communications et expressions mises en œuvre au moyen d’un système de signes. Les mots sont des signes linguistiques et sont composés d’un signifiant et d’un signifié. 

Bergson défend la thèse qui réside à dire que langage et plus particulièrement les noms communs, nous offre une vision du monde, de la réalité et de nous même trop générale, trop réductrice. Pour cet auteur, le langage ne fait qu’aggraver la tendance que nous avons à ne nous préoccuper, nous intéresser qu’aux éléments qui peuvent nous être utiles, qui peuvent satisfaire nos besoins. 

Ainsi, nous pouvons ainsi nous demander d’où nous vient l’impression que le langage échoue parfois à traduire nos pensées ou nos sentiments. 

Pour montrer que le langage n’est que trop général, que trop englobant et réducteur, empêchant ainsi les individus de vivre leurs propres émotions et de se connaître soi même, il nous dévoile ses idées à travers: une première « enfin, pour tout dire » jusqu’à « le mot lui même » où l’on apprend le problème : le langage, loin d’avoir minimisé l’effet néfaste de la conscience, qui nous éloigne du monde, l’a au contraire accentué par le recours aux noms communs, par nature réducteurs, une seconde « Et ce ne sont pas seulement » jusqu’à « pour tous les hommes », il transpose le problème au cas particulier de nos propres sentiments, une troisième « Ainsi, jusque dans notre propre individu » jusqu’à « les généralités et des symboles », il montre que nous vivons dans une certaine illusion.

 

*** 

Dès les premières lignes, l’auteur introduit un élément important. En effet, Henri Bergson débute par « nous ne voyons pas les choses elles mêmes ». Il s’adresse à ses lecteurs mais s’inclut lui même dans le groupe d’individus qui se trompent sur la réalité des choses, « les choses » étant un terme on ne peut plus imprécis, global et général pour bien montrer que la profondeur de tout un ensemble d’éléments échappe aux humains. Nous pourrions considérer qu’avec le verbe « borner », il s’agit d’une pratique volontaire de la part de la personne. Elle se borne, elle se limite de plein gré de ne pas observer tout l’aspect de ces choses. Les personnes le font consciemment. En effet, nous pouvons évoquer la conscience. Quand l’auteur utilise le verbe voir, nous pouvons supposer que ce verbe pourrait être remplacé par le verbe « avoir conscience ». Nous ne faisons pas d’effort pour aller au delà de notre conscience ou plutôt nous n’avons pas conscience des choses telles qu’elles sont réellement. Bergson nuance toutefois ses propos en rajoutant que cette pratique n’est pas systématique et n’est pas mécanique même si elle se réalise dans la plupart des situations. Certains individus parviennent à voir, à prendre conscience de la pluralité des aspects des éléments. Puisque notre conscience ne saisit pas tous les enjeux des situations, des objets, il faut bien que nous les considérions pour pouvoir nous en servir. Alors, selon Bergson, nous ne lisons que des étiquettes collées sur elles. Le fait de lire ces étiquettes ne nécessite pas d’effort de la part de l’individu. Il n’existe aucune implication personnelle et entière de sa part. Les étiquettes renvoient à des généralités, à des genres constitués de manière arbitraire. Il n’existe pas de cas particulier. L’attitude qui consiste à se satisfaire que de généralités est une tendance pour Bergson, c’est à dire que c’est une évolution visible, que l’on peut étudier et commenter, de l’attitude des individus. On peut penser que l’auteur ne parle pas de société précise. Sa thèse à alors une portée universelle. Bergson apporte une remarque plus qu’importante. En effet, cette dernière est issue du besoin. Le besoin est un manque fondamental qui entraine la mort s’il se pérennise. Les besoins vitaux, semblables à ceux des animaux à savoir manger, boire, dormir, respirer et évacuer sont marqués par une dimension biologique, cyclique et solvable. Cette tendance est donc vitale pour l’individu. En ne considérant que l’aspect superficiel et visible des choses, les individus assurent leur survie. En effet, cette simplification constitue un atout pour la survie. Dans un contexte de lutte pour la survie, l’individu a intérêt à négliger les différences qui peuvent exister entre tel élément ou tel élément. Par exemple, celui qui identifie plus vite les dangers les uns aux autres, qui simplifie le réel en négligeant les différences semble mieux parti que celui qui distingue les petits détails ne serait ce que pour ne pas perdre de temps. 

Détail important, Bergson considère que le langage aggrave la situation et accentue le fait que les individus ne creusent pas les éléments qu’ils observent. Ainsi le langage a une influence et ici elle est mauvaise. Il agit et modifie nos actes, notre comportement et manière d’être. Un premier paradoxe est soulevé par l’auteur. En effet, il est coutume de penser que le langage permet aux personnes de communiquer, de débattre, d’échanger et donc de développer, d’approfondir sa pensée, ce qui peut nous empêcher de nous satisfaire d’une simple étiquette posée sur les choses. Par la suite, Bergson avec la conjonction de coordination apporte une explication. Il distingue d’une part les mots que l’on pourrait appeler des noms communs dont notre langage se compose majoritairement pour ne pas dire entièrement, noms communs  qui collent des étiquettes sur les choses. Par définition, un nom commun désigne les propriétés que partagent plusieurs choses. Le langage renforce la tendance que nous avons à nous contenter d’une relative superficialité. Les mots ne permettent pas pour Bergson, de saisir toutes les particularités des situations, des choses. Trop peu de mots existe pour définir, désigner la multiplicité des situations. Néanmoins, l’auteur considère que les noms propres sont les seuls à mettre en valeur l’unicité, la particularité des éléments, ne serait ce que pour les noms de famille par exemple. Il développe son idée en considérant que le mot ne perçoit que l’enveloppe, que la couche la plus visible des éléments, que l’aspect le plus banal, le plus commun ce qui montre bien l’absence d’intérêt et d’efforts de la part de l’individu. Les mots ont été crées pour pouvoir nommer, identifier les besoins des individus et la forme particulière de la chose se cache derrière le besoin pour lequel il a été crée. Le danger serait que l’on ne prenne pas conscience de la forme de la chose car elle pourrait être cachée par le mot.      

En utilisant des noms communs nous ignorons les détails qui font justement l’unicité des éléments. Le langage aggrave l’écart entre nous et le monde. La conscience désenchante le monde en supprimant les détails piquants, en érodant les particularités individuelles, et le langage amplifie ce mouvement.

 

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Ce mouvement, si regrettable qu’il puisse être peut cependant se justifier pour des raisons pratiques – en l’occurrence, la survie. Mais, il existe un cas particulier à cette règle générale : nos propres sentiments. 

Durant toute la première partie de ce texte, Bergson ne s’est intéressé qu’aux objets extérieurs mais il nous révèle que la tendance qui réside à ne pas saisir toutes les particularités des éléments s’adapte également à nos propres sentiments, ce qui prend ici une échelle un peu plus réduite, une particularité un peu plus importante. Il est assez original de s’apercevoir que pour nos propres sentiments, nous avons tendance à le les considérer que trop superficiellement. Nous ne les ressentons que grossièrement, approximativement, et le langage les standardise. Bergson nous montre ici plus que dans les premières lignes du texte, qu’il existe un grand danger face à cette attitude. Faute de pouvoir les nommer, les identifier avec justesse et précision, les sentiments, les émotions que nos éprouvons pourraient nous échapper  » dans ce qu’ils ont intime, de personnel, d’originairement vécu ». Faute de les cibler, nous pourrions passer à côté de ces émotions, de ne pas les vivre d’où un éventuel sentiment de frustration. Il en va de même pour la conscience, nous ne pouvons avoir accès d’une façon entière et réelle à la conscience de soi, c’est à dire la conscience d’être et d’exister puisque nous ne pouvons pas correctement avoir conscience de nos sentiments, de nos sensations, de nos émotions. Cette dérive peut aller encore plus loin puisque n’ayant pas accès à la conscience de soi nous ne pouvons pas accéder à la connaissance de soi, nous ne pouvons nous raconter et dire qu’il l’on est. Nous n’avons pas réussi à identifier et nommer ce que l’on ressentait et nous pouvons encore moins l’exprimer à autrui. Par la suite, Bergson donne un exemple et développe son idée. Quand nous éprouvons deux sentiments aussi basiques (au sens de répandus, normaux) mais au combien importants à savoir l’amour et la haine, la joie ou bien la tristesse, nous ne pouvons pas savoir s’il s’agit de notre sentiment propre qui arrive à notre conscience puisque les sentiments que nous éprouvons sont multiples et jamais identiques mais, en les nommant par des termes génériques et parfois réducteurs, nous pouvons être amené à douter des sentiments que nous ressentons, d’où le risque de ne pas les vivre et de les éprouver pleinement. Pouvoir identifier avec exactitude ce que nous ressentons une telle familiarité avec nos propres sentiments exige que nous soyons des experts. Bergson semble le regretter d’autant plus qu’il insiste bien sur le fait que les sentiments, nos états d’âme sont caractérisés par d’innombrables nuances fugitives et de résonnances profondes. Il apparait comme évident que les sentiments sont marqués du sceau de l’unicité d’autant plus qu’ils peuvent varier, se différencier d’un individu à l’autre, d’un instant à l’autre. En ne parvenant à les nommer précisément, nous pouvons être amenés à douter sur l’aspect personnel du sentiment que nous croyons éprouver. Une seule catégorie d’individus peut parvenir à définir avec exactitude ce qu’ils ressentent : les artistes et autres romanciers, poètes et musiciens. Seul l’artiste peut parvenir à exprimer ce qu’il ressent, donc la fonction de l’art est dévoiler la réalité, c’est-à-dire de percevoir la réalité au-delà des voiles utilitaires comme le dit Kandinsky : « l’art a pour fonction de rendre visible ce qui est invisible ». 

Outre le Rire en 1900, Henri Bergson évoque l’image de l’artiste dans un autre de ses ouvrages en l’occurrence dans La Pensée et le Mouvant  et ce en 1934: 

« Remarquons que l’artiste a toujours passé pour un idéaliste. On entend par là qu’il est moins préoccupé que nous du côté positif et matériel de la vie. C’est, au sens propre du mot, un distrait. Pourquoi, étant plus détaché de la réalité, arrive t-il à y voir plus de choses ? On ne le comprendrait pas, si la vision que nous avons ordinairement des objets extérieurs et de nous mêmes n’était une vision que notre attachement à la réalité, notre besoin de vivre et d’agir, nous a amené à rétrécir et à vider. De fait, il serait aisé de montrer que plus nous sommes préoccupés de vivre, moins nous sommes enclins à contempler, et que les nécessités de l’action tendent à limiter le champ de la vision. Mais, de loin en loin, par un accident heureux, des hommes surgissent dont les sens ou la conscience sont moins adhérents à la vie. La nature a oublié d’attacher leur faculté de percevoir à leur faculté d’agir. Quand ils regardent une chose, ils la voient pour elle, et non plus pour eux. Ils ne perçoivent plus simplement en vue d’agir, ils perçoivent pour percevoir,-pour rien, pour le plaisir. Par un certain côté d’eux mêmes, soit par leur conscience, soit par un de leurs sens, ils naissent détachés; et, selon que ce détachement est celui de tel ou tel sens, ou bien une vision plus directe de la réalité que nous trouvons dans les différents arts; et c’est parce que l’artiste songe moins à utiliser sa perception qu’il perçoit un plus grand nombre de choses » . 

Nous pourrions presque dire que les artistes ne sont pas intéressés dans un premier temps par la lutte pour la survie. Quand ils observent une chose, un objet extérieur, ils ne s’attachent pas à ce que ces derniers peuvent leur apporter en vue de la satisfaction de leurs besoins. Doté d’une grande générosité, ils n’ont pas peur de vivre leurs émotions d’autant plus que de part leurs fonctions, ils ont le temps, la possibilité intellectuelle et l’envie de définir avec finesse, précision et justesse leu ressenti. 

 Nos sentiments (peur, joie, colère,…) sont provoqués par des circonstances précises, spécifiques et chaque sentiment est unique. Encore une fois, Bergson évoque une tendance non systématique puisque certains individus parviennent à y échapper mais très fréquente à savoir que nous ne pouvons observer et prendre conscience de nos sentiments et émotions qu’après avoir été exprimé de façon extérieure. Puisque les mots ont tendance à généraliser, à banaliser, à faire perdre toute l’unicité et la dimension personnelle de nos sentiments. Le langage n’est pas assez développer pour noter avec exactitude ce que nous ressentons. C’est le langage qui colle les étiquettes sur les choses comme le disait Bergson dans la première partie. Pour lui, les conséquences sont irrémédiables et on ne peut pas revenir sur ce qui a été fait. Le langage ne parvient pas à saisir toutes les particularités des situations. Il est le même pour tous quel qu’ils soient, quoiqu’ils fassent. Pour lui, nous somme condamnés à regretter l’insuffisance du langage et à nous a nous-mêmes de ne pas développer notre originalité, notre personne puisque on utilise à contrecœur ce langage impersonnel. 

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Henri Bergson, accentue sa critique sévère du langage, dans la dernière partie de son texte. Il aggrave sa critique en considérant que le langage à force de généraliser, de banaliser et de ne pas rendre compte avec justesse et précision de toutes les particularités, toutes les nuances et les dimensions des objets extérieurs comme ceux des états d’âmes, des sentiments, des émotions peut nous faire perdre notre individualité. Ce qui fait, ce qui constitue un individu, ce sont ses émotions, ses sensations, les événements. Malheureusement pourrait dire Bergson, le langage généralise de manière excessive ce que l’on ressent, ce que l’on vit. Nous ne parvenons pas à exprimer toutes les nuances des événements, des situations dans lesquelles nous sommes impliqués. Nous les banalisons à l’image de l’ensemble des individus. Nous ne sommes donc pas nous mais ce que la majorité de la société est. A force de mettre les objets extérieurs, les sensations, les émotions et les états d’âmes que nous vivons dans des cases, dans des genres, dans des banalités, les individus ne sont pas certains et conscients de vivre les émotions qu’ils croient ressentir. Le danger serait de se fondre dans la masse et d’éprouver les mêmes sensations que la majorité de la population sans percevoir toutes les différences des situations dans lesquelles nous sommes. Ainsi, nous vivons et restons parmi des symboles et des généralités qui ne peuvent pas retranscrire toutes les particularités. Etymologiquement, le symbole est un moyen de reconnaissance mettant en œuvre deux morceaux d’une même pièce qui s’ajustent parfaitement. Dans le domaine linguistique, le symbole désigne le lien entre deux réalités d’ordre différent, la réalité sensible du visible et celle de l’intelligence et du sentiment. La fonction symbolique inaugure ainsi le règne de l’esprit, de la culture et permet de nommer des réalités immatérielles et spirituelles en les comparant à des réalités matérielles stylisantes. Certes, l’accès à la fonction symbolique marque l’apparition de l’homme en tant qu’homme, c’est à dire, en tant que sujet de parole capable d’exprimer des réalités métaphysiques mais la comparaison ne peut déterminer avec exactitude les différentes réalités. 

Bergson annonce un drame de la condition humaine, un malheur inévitable et une aliénation qui sont produits par les mêmes causes : non seulement la conscience et le langage nous éloignent du monde, mais encore ils nous éloignent de nous-mêmes. Du fait même que nous recourons au langage pour désigner les choses, celles-ci se dérobent à nous. Ainsi nous entrons dans un monde d’idées générales éloigné du réel puisque toujours singulier. Il est naturel à cause de notre tendance à la simplification de devenir des êtres symboliques.  

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Critère de détermination entre la nature et la culture pour Lévi Strauss, importance de la parole comme étant un signe linguistique pour F. de Saussure, le langage (du latin lingua, organe de la parole), désigne ordinairement la faculté qu’ont les hommes de s’entendre au moyen de signes vocaux. Ce dernier est la faculté de parler et a été l’objet de nombreuses réflexions philosophiques. Par exemple, Bergson a travers cet extrait veut montrer que le langage ne permet pas d’exprimer toute la réalité extérieure car les mots surtout les noms communs sont des outils trop généraux, qu’il n’exprime d’abord que la fonction des choses,  qu’il n’est pas adapté à la vie pratique et ne permet pas de traduire le réel dans sa vérité. L’homme ne parvient pas à saisir la réalité entière. Il ne sait de la réalité que l’aspect utilitaire, conventionnel de celle-ci, véhiculé par le langage. Mais surtout outre les objets extérieurs, l’homme s’il essaie d’exprimer ce qu’il ressent, n’y parviendra pas à cause des mots qui sont des instruments trop généraux. Le langage aggrave la tendance propre à l’homme qui consiste à ne considérer que la superficialité des réalités. Autrement dit, l’homme ne peut se connaître lui même puisqu’il ne peut avoir conscience de lui même. 

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Outre Whitehead qui considère dans Procès et Réalité, que le langage est entièrement indéterminé et qu’il échoue à exprimer dans une forme explicite les généralités les plus grandes, celles que la métaphysique cherche à expliquer, Bergson élabore une critique radicale du langage incapable de s’ajuster à l’originalité de tout vécu personnel alors que les instants, les émotions, les réflexions ne sont pas juxtaposés les uns aux autres mais ils s’entre pénètrent. La durée propre à l’homme est une « multiplicité qualitative »: nos émotions sont absolument singulières qualifiées par des tonalités uniques. Le langage est par nature une réalité discontinue. Il agence des éléments extérieurs les uns aux autres. Du même coup, en nommant ce que l’on ressent, on à tendance à le moraliser et à le banaliser. Pour Bergson, le langage dénature l’expérience personnelle et appauvrit la richesse intérieure. Le langage ne traduit que les aspects les plus superficiels du moi et conventionnalise l’expérience. Il devient comme un voile entre le sujet et la réalité. La seule façon est de déchirer le voile est de d’entrer dans une intuition qui est la plus part du temps ineffable. Le langage ne permet pas d’exprimer toute la réalité extérieure, les mots étant des outils trop généraux, n’exprime d’abord que la fonction des choses. L’homme ne sait de la réalité que l’aspect utilitaire, conventionnel de celle-ci, véhiculé par le langage. Le langage ne peut pas retranscrire toutes les nuances, la profondeur des objets extérieurs et de nos états d’âmes. 

Cependant, pour critiquer le langage, Bergson et les autres ont du maitriser du langage. On pourrait considérer que si le langage est capable de servir à une critique de lui même, c’est le signe qu’il n’est pas enfermant pour les individus tout comme les émotions, les sentiments (ici la critique). C’est justement en parlant, en utilisant le langage même s’il est trop général pour Bergson que nous pouvons vivre pleinement nos émotions. De plus, il apparaît comme évident que le langage a les ressources lui permettant de dépasser les généralités et les banalités. Le langage est d’une richesse exceptionnelle et même s’il n’est pas exact, il est évident que l’on peut tenter de s’en approcher au maximum. On ne peut souhaiter le silence car sans le langage la vie des émotions est confuse et on peut même dire qu’une vie sans émotions n’est pas une véritable vie. Même si nous ne définissons pas exactement ce que nous ressentons, nous avons conscience d’éprouver un sentiment. Le langage approfondit la pensée plus qu’il ne l’enferme. De plus, par sa dimension créatrice, sa potentialité poétique, le langage élève la pensée, magnifie le vécu et donne d’entrée dans la profondeur même du réel comme si dans le poème le mystère se révélait comme lui même et accédait à la lui même. En réponse à cela Bergson semble admettre l’existence d’une pensée qui donc existerait sans le langage or le mot seul donne forme à la pensée. Les mots permettent en effet de lier, d’unifier notre vie intérieure donc l’idée d’une pensée pure n’est peut-être finalement qu’une pensée sans forme, ni consistance. 

D’autres auteurs ont voulu contrecarrer la critique du langage. Pour Hegel, la pensée n’existe qu’à partir du moment où elle s’exprime. Pour lui, la pensée n’existe que dans les mots, la pensée ne devient claire et existe que lorsqu’elle trouve le mot. Nos pensées qui constituent notre activité interne la plus haute ne deviennent des pensées réelles et déterminées que lorsqu’elles s’extériorisent par le langage. Merleau-Ponty écrit : « exprimer pour le sujet parlant, c’est prendre conscience. Il n’exprime pas seulement pour les autres, il exprime pour savoir lui-même ce qu’il vise ». Certains considèrent que la critique de Bergson est la critique d’un monde utilitariste où chacun agit (pour lui même mais aussi par rapport à autrui) d’un monde sans idéal et sans poésie. Le langage ne peut être que très souvent un outil et ne répondre qu’à nos besoins. 

De plus, Saussure décrit tout un processus par lequel nos pensées s’extériorisent et se communiquent aux autres grâce à nos paroles, grâce au langage. 

Puisque « nous échouons à traduire ce que notre âme ressent : la pensée demeure incommensurable avec le langage, Bergson invite ses lecteur à la découverte d’un monde, d’un moi et d’un langage plus authentique ceux de l’intériorité et celui de l’intuition…. 

 




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20042009

1. PNB et chômage de 1947 à 1955 dans les pays de l’OCDE  

a) « L’OCDE regroupe les gouvernements attachés aux principes de la démocratie et de l’économie de marché en vue de : soutenir une croissance économique durable, développer l’emploi, élever le niveau de vie, maintenir la stabilité financière, aider les autres pays à développer leur économie, contribuer à la croissance du commerce mondial », Convention relative à l’Organisation de coopération et de développement économiques, le 14 décembre 1960.  

Dans un contexte de Guerre Froide qui débute entre les Etats Unis et l’URSS, chacun des deux Grands légitime sa vision de l’Europe et du monde, une théorie associée à des actions par la suite. Pour les Etats Unis, le président Truman dévoile sa doctrine en septembre 1947. Il annonce l’endiguement du communisme ou le « containment ». Les dirigeants américains persuadés que la pauvreté est le terreau de cette idéologie demandent au général Marshall de mettre en place un plan d’aide et c’est chose faite le 5 juin 1947 puisque le plan Marshall destiné à 16 pays de l’Ouest et refusé par l’URSS et les démocraties populaires pour assurer leur reconstruction économique, est élaboré. Ce plan prévoit également la création d’une organisation européenne permettant aux États de gérer eux-mêmes les fonds versés par les États-Unis pour cette reconstruction soit 180 milliard de dollars jusqu’en 1962. A l’issue de la conférence de Paris, l’Organisation Européenne de Coopération Economique (OECE) est donc créée par la convention du 16 avril 1948. Elle compte 17 membres. Ses objectifs concernent la coordination de l’effort de reconstruction de l’Europe occidentale, le resserrement des liens économiques des membres et la libéralisation du commerce et des échanges monétaires.  

Puis, l’organisation se tourne vers les études économiques et étend son regard au-delà de la dimension européenne et prend finalement le nom d’OCDE par la Convention relative à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE ) signée à Paris par vingt pays le 14 décembre 1960.  

Aujourd’hui avec 30 Etats membres (Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Slovaquie, République Tchèque, Royaume-Uni, Suède, Suisse, Turquie), l’OCDE comprend la plupart des pays les plus développés et démocratiques du monde. L’ensemble formé par ces pays représente 76 % du PNB mondial en 2007.  

b) Le document 2 nous montre l’évolution de deux outils statistiques à savoir le taux de chômage et la variation annuelle du PNB par habitant sur la période 1947 – 1995 nous permettant de prendre conscience de la santé économique de la France.  

Le taux de chômage, le rapport entre le nombre de chômeurs et la population active occupée, évolue à la hausse de 3 % en 1947 à 8 % en 1995. On observe également la variation annuelle du PNB par habitant, c’est à dire la variation de la répartition de richesses produites (valeurs ajoutées) par tous les agents économiques de nationalité française. En 1947 comme en 1995, on observe une variation annuelle de 2% du PNB par habitant. Force est de constater qu’une corrélation négative existe entre ces deux outils statistiques sur les différentes périodes. Si le taux de chômage est élevé, la variation annuelle du PNB par habitant est faible et inversement. On peut distinguer clairement trois phases distinctes et une semble se dessiner :  

*  de 1947 à 1972, on assiste globalement à une baisse du chômage entre 2 et 4 %. Le taux de chômage étant faible sur cette période, la répartition est plus favorable à la population puisque le PNB/habitant progresse de 4 à 6 % par an et même jusqu’à 7 – 8 % sur la période 1947 – 1957. Ces deux outils statistiques dressent une partie du portrait économique et social des « Trente Glorieuses » entre 1945 et 1973. Cette période est marquée par une facilité d’accès à la société de consommation, une moyennisation de la société, le plein emploi,… même si l’amplitude de la variation du PNB/habitant est très importante sur cette période.  

* de 1973 à 1983, la décennie est marquée par les deux chocs pétroliers (1973 et 1979) et leurs conséquences. On assiste à une envolée du taux de chômage, de 3% en 1973 à 9 % en 1983. De même que pour la première phrase, la corrélation négative entre les deux outils économiques apparait. Le taux de chômage augmente, la répartition de la richesse produite sur le territoire français à la population diminue grandement. C’est une conséquence logique de la faible croissance économique de cette époque (pas plus de 4% de hausse par an et même des années où la croissance du PNB/habitant est négative comme en 1976 et 1982)  

* entre 1984 et 1992,  cette période est plus heureuse pour l’économie française : taux de chômage en chute libre de 9 % en 1983 à 6 % en 1992 (taux néanmoins élevé, semblable à celui de 1980) et une amélioration du PNB/habitant avec des hausses de 1 à 4 %)  

* l’année 1993, première année où le PIB (somme des VA produites par les agents économiques sur le territoire français) diminue, c’est à dire que la croissance est négative (croissance dépressive ou décroissance) marque le début d’une phase morose qui se poursuit actuellement d’autant plus que la crise économique noircit le tableau (chômage élevé, décroissance prévue pour 2009). Sur la période considérée, le taux de chômage passe de 6 à 8 % et l’évolution du PNB Par habitant évolue à la hausse et ce annuellement d’environ 1 à 2.5 %    

 

c)  A la lecture du graphique, une année en particulier (1973) marque une cassure nette dans l’évolution globale du taux de chômage et du PNB/habitant. C’est l’amorce d’une période longue durant laquelle le taux de chômage est (très) élevé et la croissance du PNB par habitant faible. Pour la première fois de l’histoire, le taux de chômage passe au dessus de la barre des 4 % et la variation annuelle du PNB est négative.  

Le 6 octobre 1973, une majorité d’habitants de l’Etat hébreu, Israël, célèbre Yom Kippour, le jour le plus sacré du calendrier juif. La coalition égypto-syrienne lance alors une attaque surprise pour récupérer les territoires conquis par Israël à savoir la péninsule du Sinaï et plateau du Golan en en juin 1967. L’aide militaire américaine (livraisons d’armes par pont aérien), a permis à l’Etat hébreu de débloquer la situation. La réaction arabe est immédiate. Réunis le 16 octobre à Koweït City, les principaux producteurs du Golfe décident d’augmenter de 70% le prix du baril de brut. Ils imposent par la suite une réduction mensuelle de 5% de la production pétrolière et un embargo sur les livraisons de pétrole à destination des Etats-Unis et de l’Europe occidentale. En un an, le prix du baril passe d’environ 3 dollars à 12 dollars. Les pays producteurs, souvent issus de la décolonisation réclament une amélioration des termes de l’échange (augmentation du prix des produits qu’ils vendent aux anciennes métropoles et diminution du prix des produits qu’ils leurs achètent). Lors de la Conférence d’Alger en 1973, les différents pays réclament un Nouvel Ordre Economique International (NOEI). Pour montrer que leur poids décisionnel est important, ils provoquent le choc pétrolier de 1973.  

 La guerre du Kippour est le facteur déclenchant du premier choc mais elle n’est qu’un prétexte pour les pays producteurs du Golfe Persique afin de modifier les termes de l’échange en leur faveur. Le rapport de forces change et les pays occidentaux ne peuvent plus se passer du pétrole arabe. Logiquement, l’augmentation du prix du baril affaiblit les économies occidentales dont la croissance repose largement sur une consommation importante de pétrole. La France n’est pas épargnée. La production industrielle baisse de 15%. Les pays capitalistes souffrent du phénomène de stagflation, c’est à dire une forte inflation et une croissance économique modérée du fait de la hausse des coûts de production surtout les matières premières, l’augmentation des charges sociales et la massification de la masse monétaire internationale surtout pour le dollar. La chute de la production entraine un nombre important de faillites et de chômeurs). A l’été 1975, on dénombre un million de demandeurs d’emploi en France. Les « Trente Glorieuses » selon l’expression de l’économiste J. Fourastié (trois décennies de croissance ininterrompue et d’améliorations sociales qu’ont connues la France et l’Europe de l’Ouest depuis la fin de la guerre) s’achèvent.  

Suite au choc, les premières mesures anti-gaspillage apparaissent (instauration de l’heure d’été et l’heure d’hiver pour réduire la consommation d’énergie). Les pays occidentaux tentent aussi de diversifier leur approvisionnement énergétique en réduisant la dépendance au pétrole moyen-oriental au profit notamment du gaz soviétique (à nuancer suite aux événements du gaz russo – ukrainien lors de l’hiver 2008 – 2009). En France, le programme nucléaire connaît au cours de l’année 1974 une accélération sans précédent. Malgré les efforts le chômage augmente dans un contexte de croissance ralentie.  

 2. L’évolution des prix du pétrole 1950 à 2008   

Les prix sont donnés en « dollars constants », c’est à dire que les prix sont corrigés de la hausse des prix (inflation) par rapport à une donnée de base ou de référence.  

L’exploitation du pétrole, une énergie fossile est l’un des piliers de l’économie industrielle contemporaine, l’un des enjeux géostratégiques majeurs, l’une des sources de convoitises et de tensions : son prix évolue donc très fréquemment et très rapidement. 

La demande pétrolière et donc le prix du baril dépendent de la croissance économique, le prix du pétrole, les conditions climatiques, le prix des énergies concurrentes principalement gaz et charbon, la fiscalité sur les produits pétroliers; le taux de change du dollar, la spéculation,…  

→ 1950 – 1973 : un baril à 10 $  

Durant les Trente Glorieuses (1945-1973), les pays développés ont connu une forte croissance économique, qui s’est marquée entre autre par l’augmentation de la production industrielle. Le pétrole, étant à la base de la fabrication d’un certain nombre de produits, les analystes ont observé un très fort accroissement de la consommation d’énergie (1,7 milliard de TEP, tonne équivalent pétrole, en 1950 à 5,2 milliards de TEP en 1970 soit un triplement en 20 ans). Durant ces trois décennies, le pétrole est bon marché. L’utilisation du charbon connaît donc un déclin et provoque une crise économique suite à la disparition des bassins charbonniers. Parallèlement, la population mondiale augmente de 60 % tandis que la production de pétrole est multipliée par sept.  

Le prix du baril est faible grâce aux nouveaux gisements qui se trouvent et qui s’exploitent facilement, à faible coût. Les régions productrices connaissent une forte croissance. On assiste à l’apparition de nouveaux moyens de transport comme les oléoducs entrainant la diminution importante des coûts. Cependant, une inquiétude persiste quant à une éventuelle saturation du marché. Les prix baissant, les pays disposant des plus vastes réserves constituent en 1960, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), un organisme chargé de coordonner les intérêts des pays membres. Son poids sur la scène internationale croit progressivement. Les pays producteurs, souvent issus de la décolonisation réclament une amélioration des termes de l’échange (augmentation du prix des produits qu’ils vendent aux anciennes métropoles et diminution du prix des produits qu’ils leurs achètent). Lors de la Conférence d’Alger en 1973, les différents pays réclament un Nouvel Ordre Economique International (NOEI). Pour montrer que leur poids décisionnel est important, ils provoquent le choc pétrolier de 1973.  

Les pays savent qu’une telle croissance de la production ne peut être infinie. Certains pays producteurs veulent limiter la production pour la prolonger. Conscients de leur pouvoir face aux pays consommateurs et aux compagnies pétrolières, ils réclament des négociations qui ont lieu à Téhéran, à Tripoli en 1971. Il en résulte une légère augmentation du prix du baril. Par ailleurs, la production américaine atteint son pic en 1971.  

  

→ 1974 – 1980 : un baril vers le sommet des 90 $, conséquence du premier choc pétrolier de 1973  

Le premier choc pétrolier s’est produit en 1973. Ses effets se font sentir jusqu’à la fin des années 1970.Pendant la guerre du Kippour menée par un certain nombre de pays contre Israël pour récupérer les territoires que cet Etat a annexé en 1967,  les 16 et 17 octobre 1973, les pays arabes membres de l’OPEP, réunis au Koweït ( pays détenant la moitié des réserves pétrolières du Golfe Persique), annoncent un embargo sur les livraisons de pétrole contre les États « qui soutiennent Israël ». Ils annoncent l’augmentation du prix du baril et la somme revenant aux États producteurs, le contrôle absolu de la production pour maintenir un prix élevé et la participation croissante, de la part de ces pays, aux opérations de production.  

L’Arabie Saoudite, Etat pourtant ami des Américains, déplore leur soutien à Israël qui met en danger selon lui les régimes arabes modérés. Lors de la guerre du Kippour, Nixon approvisionne en armement l’État hébreu  face à l’attaque égypto-syrienne ravitaillée par les Soviétiques. En réponse, les pays du Golfe augmentent de 70 % le prix affiché du baril. Les représentants des pays arabes pétroliers (OPAEP) décident une réduction mensuelle de la production pétrolière jusqu’à évacuation des territoires occupés et reconnaissance des droits des Palestiniens. La pénurie suscite la panique ; les prix poursuivent leur ascension. L’Agence internationale de l’énergie (AIE), créée à cette occasion ne parvient pas à rétablir l’ordre.  

Certains pays arabes souhaitent une réduction de la production pour maintenir les prix à la hausse. Mais les États-Unis refusent cette perspective. Pour s’opposer à toute diminution de la production, les États-Unis sont prêts à intervenir militairement dans la péninsule arabique pour prendre le contrôle des principaux puits.  

Par la suite, l’OPEP ne retrouve pas une telle puissance économique et politique. Les objectifs de l’embargo ne sont pas atteints. Pour se protéger, les Etats décident l’amélioration du rendement énergétique, la diversification des sources d’énergie (en France, développement de l’industrie nucléaire).  

 

→ 1981 – 2000 : vers un retour à la normal ?  

Le deuxième choc pétrolier s’est produit en 1979 du fait de la révolution iranienne et de la guerre Iran-Irak. Le prix du pétrole est multiplié par 3 entre 1978 et 1981. Le 8 septembre 1978, des émeutes à Téhéran sont violemment réprimées (« le Vendredi noir »). Le 22 septembre 1980 commence la guerre Iran-Irak. L’arrêt des exportations iraniennes provoque de nouvelles hausses de prix. Une psychose s’empare des pays consommateurs, chacun tente de reconstituer ses stocks.  

Les pays consommateurs cherchent à réaliser des économies d’énergie et à trouver d’autres sources d’énergie d’où un ralentissement de la consommation du pétrole. Grâce à la nouvelle répartition des revenus entre les pays producteurs et les pays consommateurs, les pays producteurs bénéficient d’une rente de situation puisque leurs exportations génèrent des recettes considérables. Cette manne financière est en partie injectée dans leur économie locale sous forme d’investissements ou redistribuées plus ou moins à la population. Mais une grande part de ces capitaux est mal utilisée. A partir de 1986, le prix du baril diminue car les pays du Golfe augmentent massivement leur production grâce à un plan convenu avec les États-Unis pour affaiblir l’économie soviétique, pour laquelle le pétrole représente un pilier. Les pays du Golfe, contrairement à l’URSS, ont des coûts de production bas, et peuvent donc supporter une baisse du prix du baril d’où une des causes de l’effondrement du bloc soviétique.  

La croissance économique restant faible dans la plupart des pays, la demande n’augmente pas beaucoup.  

Cependant, la hausse du prix du baril de pétrole à la fin des années 1980 est due à l’intervention américaine en Irak pour empêcher une invasion du Koweït (pays à fortes ressources pétrolières) par cet Etat. Les Etats Unis épaulés de façons divers par des Etats comme la France, l’Allemagne, le Royaume – Uni et le Japon, interviennent par intérêt économique et se disent être les « gendarmes du monde ». 

Les inquiétudes sur l’approvisionnement en pétrole s’estompent. Les efforts en matière d’efficacité énergétique et d’énergies nouvelles sont relâchés. Les investissements dans la filière pétrolière sont réduits également. Le prix oscille entre 18 et 30 dollars jusqu’en 2001.  

 

→ 2001 – 2008 : le retour vers les sommets  

Depuis le début des années 2000, le prix du pétrole augmente sans raison politique majeure contrairement aux chocs des années 1970 malgré les attentats du 11 septembre 2001, la guerre en Irak en 2003, le conflit récent russo-géorgien en 2008 qui font peser à l’époque des tensions sur ces régions productrices, mais à cause :  

* la hausse de la demande en particulier chinoise due à l’accès de 500 millions d’habitants à la société de consommation  

* l’épuisement rapide des réserves mondiales de certaines régions,  

* les investissements trop faibles de la décennie précédente, les équipements pétroliers sont vieux et utilisés à 100 % de leur capacité ;  

L’OPEP refuse d’augmenter leur production alimentant ainsi une hausse vertigineuse du prix du baril de pétrole. Le 2 janvier 2008, le baril atteint 100 dollars pour la première fois de son histoire à la bourse de New York, ce qui correspond à son plus haut niveau en dollars constants depuis avril 1980. Le 11 juillet 2008, le prix atteint un pic de 147 dollars. Depuis, le prix a considérablement baissé pour se stabiliser autour de 50 $ malgré des décisions de l’OPEP visant à réduire leur production.  

 

 




A IMPRIMER…

19042009

BOYRIVENT                                                                                                                                                       T3 

YVAN                                                                                                             POUR LE MARDI 21 AVRIL 2009 

HISTOIRE : 

ANALYSE DE DOCUMENTS STATISTIQUES 

 

 

 

1. PNB et chômage de 1947 à 1955 dans les pays de l’OCDE 

a) « Notre mission : L’OCDE regroupe les gouvernements attachés aux principes de la démocratie et de l’économie de marché en vue de : soutenir une croissance économique durable, développer l’emploi, élever le niveau de vie, maintenir la stabilité financière, aider les autres pays à développer leur économie, contribuer à la croissance du commerce mondial », Convention relative à l’Organisation de coopération et de développement économiques, le 14 décembre 1960

Dans un contexte de Guerre Froide qui débute entre les Etats Unis et l’URSS, chacun des deux Grands légitime sa vision de l’Europe et du monde associée à des actions. Pour les Etats Unis, le président Truman dévoile sa doctrine en septembre 1947. Il annonce l’endiguement du communisme ou le « containment ». Les dirigeants américains persuadés que la pauvreté est le terreau de cette idéologie demandent au général Marshall de mettre en place un plan d’aide à l’ouest et c’est chose faite le 5 juin 1947 puisque le plan Marshall destiné à 16 pays de l’Ouest et refusé par l’URSS et les démocraties populaires pour assurer leur reconstruction économique est élaboré. Ce plan prévoit également la création d’une organisation européenne permettant aux États de gérer eux-mêmes les fonds versés par les États-Unis pour cette reconstruction soit 180 milliard de dollars jusqu’en 1962. A l’issue de la conférence de Paris, l’OECE est donc créée par la convention du 16 avril 1948. Elle compte 17 membres. Ses objectifs concernent la coordination de l’effort de reconstruction de l’Europe occidentale, le resserrement des liens économiques des membres et la libéralisation du commerce et des échanges monétaires. 

Puis, l’organisation se tourne vers les études économiques, elle étend son regard au-delà de la dimension européenne et prend finalement le nom d’OCDE par la Convention relative à l’Organisation de coopération et de développement économiques signée à Paris par vingt pays le 14 décembre 1960. 

Aujourd’hui avec 30 Etats membres (Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Slovaquie, République Tchèque, Royaume-Uni, Suède, Suisse, Turquie), l’OCDE comprend la plupart des pays les plus développés et démocratiques du monde. L’ensemble formé par ces pays représente 76 % du PNB mondial en 2007. 

 

b) Le document 2 nous montre l’évolution de deux outils statistiques à savoir le taux de chômage et la variation annuelle du PNB par habitant sur la période 1947 – 1995 nous permettant de prendre conscience de la santé économique de la France. 

Le taux de chômage, le rapport entre le nombre de chômeurs et la population active occupée, évolue à la hausse de 3 % en 1947 à 8 % en 1995. On observe également la variation annuelle du PNB par habitant, c’est à dire la variation de la répartition de richesses produites (valeurs ajoutées) par tous les agents économiques de nationalité française. En 1947 comme en 1995, on observe une variation annuelle de 2% du PNB par habitant. Force est de constater qu’une corrélation négative existe entre ces deux outils statistiques sur les différentes périodes. Si le taux de chômage est élevé, la variation annuelle du PNB par habitant est faible inversement. On peut distinguer clairement trois phases distinctes: 

*  de 1947 à 1972, on assiste globalement à une baisse du chômage entre 2 et 4 %. Le taux de chômage étant faible sur cette période, la répartition est plus favorable à la population puisque le PNB/habitant progresse de 4 à 6 % par an et même jusqu’à 7 – 8 % sur la période 1947 – 1957. Ces deux outils statistiques dressent une partie du portrait économique et social des « Trente Glorieuses » entre 1945 et 1973. Cette période est marquée par une facilité d’accès à la société de consommation, une moyennisation de la société, le plein emploi,… même si l’amplitude de la variation du PNB/habitant est très importante sur cette période. 

* de 1973 à 1983, la décennie est marquée par les deux chocs pétroliers (1973 et 1979) et leurs conséquences. On assiste à une envolée du taux de chômage, de 3% en 1973 à 9 % en 1983. De même que pour la première phrase, la corrélation négative entre les deux outils économiques apparait. Le taux de chômage augmente, la répartition de la richesse produite sur le territoire français à la population diminue grandement. C’est une conséquence logique de la faible croissance économique de cette époque (pas plus de 4% de hausse par an et même des années où la croissance du PNB/habitant est négative comme en 1976 et 1982) 

* entre 1984 et 1992,  cette période est plus heureuse pour l’économie française : taux de chômage en chute libre de 9 % en 1983 à 6 % en 1992 (taux néanmoins élevé, semblable à celui de 1980) et une amélioration du PNB/habitant avec des hausses de 1 à 4 %) 

* l’année 1993, première année où le PIB (somme des VA produites par les agents économiques sur le territoire français) diminue, c’est à dire que la croissance est négative (croissance dépressive ou décroissance) marque le début d’une phase morose qui se poursuit actuellement d’autant plus que la crise économique noircit le tableau (chômage élevé, décroissance prévue pour 2009). Sur la période considérée, le taux de chômage passe de 6 à 8 % et l’évolution du PNB Par habitant évolue à la hausse et ce annuellement d’environ 1 à 2.5 %   

 

c)  A la lecture du graphique, une année en particulier marque une cassure nette dans l’évolution globale du taux de chômage et du PNB/habitant. C’est l’amorce d’une période longue durant laquelle le taux de chômage est (très) élevé et la croissance du PNB par habitant faible. Pour la première fois de l’histoire, le taux de chômage passe au dessus de la barre des 4 % et la variation annuelle du PNB est négative. 

Le 6 octobre 1973, une majorité d’habitants de l’Etat hébreu, Israël, célèbre Yom Kippour, le jour le plus sacré du calendrier juif. La coalition égypto-syrienne lance alors une attaque surprise pour récupérer par la force les territoires conquis par Israël à savoir la péninsule du Sinaï et plateau du Golan en en juin 1967. L’aide militaire américaine (livraisons d’armes par pont aérien), a permis à l’Etat hébreu de débloquer la situation. La réaction arabe est immédiate. Réunis le 16 octobre à Koweït City, les principaux producteurs du Golfe décident d’augmenter de 70% le prix du baril de brut. Ils imposent par la suite une réduction mensuelle de 5% de la production pétrolière et un embargo sur les livraisons de pétrole à destination des Etats-Unis et de l’Europe occidentale. En un an, le prix du baril passe d’environ 3 dollars à 12 dollars. Les pays producteurs, souvent issus de la décolonisation réclament une amélioration des termes de l’échange (augmentation du prix des produits qu’ils vendent aux anciennes métropoles et diminution du prix des produits qu’ils leurs achètent). Lors de la Conférence d’Alger en 1973, les différents pays réclament un Nouvel Ordre Economique International (NOEI). Pour montrer que leur poids décisionnel est important, ils provoquent le choc pétrolier de 1973. 

 

 La guerre du Kippour est le facteur déclenchant du premier choc mais elle n’est qu’un prétexte pour les pays producteurs du Golfe Persique afin de modifier les termes de l’échange en leur faveur. Le rapport de forces change et les pays occidentaux ne peuvent plus se passer du pétrole arabe. Logiquement, l’augmentation du prix du baril affaiblit les économies occidentales dont la croissance repose largement sur une consommation importante d’or noir. La France n’est pas épargnée: la production industrielle baisse de 15% et l’inflation repart à la hausse, l’investissement s’effondre et le chômage s’envole, doublant en moins de deux ans. A l’été 1975, on dénombre un million de demandeurs d’emploi en France. Les « Trente Glorieuses » selon l’expression de l’économiste J. Fourastié (trois décennies de croissance ininterrompue et d’améliorations sociales qu’ont connus la France et l’Europe de l’Ouest depuis la fin de la guerre) s’achèvent. 

Suite au choc, les premières mesures anti-gaspillage apparaissent (instauration de l’heure d’été et l’heure d’hiver pour réduire la consommation d’énergie). Les pays occidentaux tentent aussi de diversifier leur approvisionnement énergétique en réduisant la dépendance au pétrole moyen-oriental au profit notamment du gaz soviétique (à nuancer suite aux événements du gaz russe – ukrainien lors de l’hiver 2008 – 2009). En France, le programme nucléaire connaît au cours de l’année 1974 une accélération sans précédent. Malgré les efforts le chômage augmente dans un contexte de croissance ralentie. 

 

2. L’évolution des prix du pétrole 1950 à 2008 

Les prix sont donnés en « dollars constants », c’est à dire que Les prix sont  corrigés de la hausse des prix  (inflation) par rapport à une donnée de base ou de référence. 

L’exploitation du pétrole, une énergie fossile est l’un des piliers de l’économie industrielle contemporaine, l’un des enjeux géostratégiques majeurs, l’une des sources de convoitises et de tensions. 

Les paramètres principaux pour l’estimation de la demande pétrolière et donc du prix du baril concernent la croissance économique, le prix du pétrole, les conditions climatiques, le prix des énergies concurrentes principalement gaz et charbon, la fiscalité sur les produits pétroliers; le taux de change du dollar, la spéculation,… 

 

→ 1950 – 1973 : un baril à 10 $ 

Durant les Trente Glorieuses (1945-1973), les pays développés ont connu une forte croissance économique, qui s’est marquée entre autre par l’augmentation de la production industrielle. Le pétrole, étant à la base de la fabrication d’un certain nombre de produits, les analystes ont observé un très fort accroissement de la consommation d’énergie (1,7 milliard de TEP, tonne équivalent pétrole, en 1950 à 5,2 milliards de TEP en 1970 soit un triplement en 20 ans). Durant ces trois décennies, le pétrole est bon marché. L’utilisation du charbon connaît donc un déclin et provoque une crise économique suite à la disparition des bassins charbonniers. Parallèlement, la population mondiale augmente de 60 % tandis que la production de pétrole est multipliée par sept. 

Le prix du baril est faible grâce aux nouveaux gisements qui se trouvent et qui s’exploitent facilement, à faible coût. Les régions productrices connaissent une forte croissance. On assiste à l’apparition de nouveaux moyens de transport comme les oléoducs entrainant la diminution importante des coûts. Cependant, une inquiétude persiste quant à une éventuelle saturation du marché. Les prix baissant, les pays disposant des plus vastes réserves constituent en 1960, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), un organisme chargé de coordonner les intérêts des pays membres. Son poids sur la scène internationale croit progressivement. Les pays producteurs, souvent issus de la décolonisation réclament une amélioration des termes de l’échange (augmentation du prix des produits qu’ils vendent aux anciennes métropoles et diminution du prix des produits qu’ils leurs achètent). Lors de la Conférence d’Alger en 1973, les différents pays réclament un Nouvel Ordre Economique International (NOEI). Pour montrer que leur poids décisionnel est important, ils provoquent le choc pétrolier de 1973. 

Les pays savent qu’une telle croissance de la production ne peut être infinie. Certains pays producteurs veulent limiter la production pour la prolonger. Conscients de leur pouvoir face aux pays consommateurs et aux compagnies pétrolières, ils réclament des négociations qui ont lieu à Téhéran, à Tripoli en 1971. Il en résulte une légère augmentation du prix du baril. Par ailleurs, la production américaine atteint son pic en 1971. 

 

→ 1974 – 1980 : un baril vers le sommet des 90 $, conséquence du premier choc pétrolier de 1973 

Le premier choc pétrolier s’est produit en 1973. Ses effets se font sentir jusqu’à la fin des années 1970.Pendant la guerre du Kippour menée par un certain nombre de pays contre Israël pour récupérer les territoires que cet Etat a annexé en 1967,  les 16 et 17 octobre 1973, les pays arabes membres de l’OPEP, réunis au Koweït ( pays détenant la moitié des réserves pétrolières du Golfe Persique), annoncent un embargo sur les livraisons de pétrole contre les États « qui soutiennent Israël ». Ils annoncent l’augmentation du prix du baril et la somme revenant aux États producteurs, le contrôle absolu de la production pour maintenir un prix élevé et la participation croissante, de la part de ces pays, aux opérations de production. 

Le roi d’Arabie Saoudite Fayçal, pourtant ami des Américains, déplore leur soutien à Israël qui met en danger selon lui les régimes arabes modérés. Lors de la guerre du Kippour, Nixon approvisionne en armement l’État hébreu  face à l’attaque égypto-syrienne ravitaillée par les Soviétiques. En réponse, les pays du Golfe augmentent unilatéralement de 70 % le prix affiché du baril. Les représentants des pays arabes pétroliers (OPAEP) décident une réduction mensuelle de la production pétrolière jusqu’à évacuation des territoires occupés et reconnaissance des droits des Palestiniens. La pénurie suscite la panique ; les prix poursuivent leur ascension vertigineuse. L’Agence internationale de l’énergie (AIE), créée à cette occasion ne parvient pas à rétablir l’ordre. 

Certains pays arabes souhaitent une réduction de la production pour maintenir les prix à la hausse. Mais les États-Unis refusent cette perspective. Ils tentent de constituer un cartel international de consommateurs face à l’OPEP mais échouent en raison de l’opposition de la France. Pour s’opposer à toute diminution de la production, les États-Unis sont prêts à intervenir militairement dans la péninsule arabique pour prendre le contrôle des principaux puits. 

Par la suite, l’OPEP ne retrouve pas une telle puissance économique et politique. Les objectifs de l’embargo ne sont pas atteints. Pour se protéger, les Etats décident l’amélioration du rendement énergétique, la diversification des sources d’énergie (en France, développement de l’industrie nucléaire). 

 

→ 1981 – 2000 : vers un retour à la normal ? 

Le deuxième choc pétrolier s’est produit en 1979 du fait de la révolution iranienne et de la guerre Iran-Irak. Le prix du pétrole est multiplié par 3 entre 1978 et 1981. Le 8 septembre 1978, des émeutes à Téhéran sont violemment réprimées (« le Vendredi noir »). Le 22 septembre 1980 commence la guerre Iran-Irak. 

L’arrêt des exportations iraniennes provoque de nouvelles hausses de prix. Les circuits de commercialisation du pétrole sont désorganisés à l’échelle mondiale. Une psychose s’empare des pays consommateurs du monde entier et chacun tente de reconstituer ses stocks. 

Les pays consommateurs cherchent tout à réaliser des économies d’énergie et à trouver d’autres sources d’énergie d’où un ralentissement de la consommation du pétrole. On observe un phénomène dû à la nouvelle répartition des revenus entre les pays producteurs et les pays consommateurs: les pays producteurs bénéficient d’une rente de situation, où leurs exportations génèrent des recettes considérables. Cette manne financière est en partie injectée dans leur économie locale sous forme d’investissements ou redistribuées plus ou moins à la population. Mais une grande part de ces capitaux nouvellement acquis est mal utilisée. A partir de 1986, le prix du baril diminue car les pays du Golfe augmentent massivement leur production grâce à un plan convenu avec les États-Unis pour affaiblir l’économie soviétique, pour laquelle le pétrole représente un pilier. Les pays du Golfe, contrairement à l’URSS, ont des coûts de production bas, et peuvent donc supporter une baisse du prix du baril d’où une des causes de l’effondrement du bloc soviétique. 

De nouvelles régions sont explorées en réponse aux chocs pétroliers et de façon intensive, les réserves mondiales s’épuisant à un rythme beaucoup plus rapide que celui des régions « traditionnelles ». La croissance économique restant faible dans la plupart des pays, la demande n’augmente pas beaucoup. 

Les inquiétudes sur l’approvisionnement en pétrole s’estompent. Les efforts en matière d’efficacité énergétique et d’énergies nouvelles sont relâchés. Les investissements dans la filière pétrolière sont réduits également. Le prix oscille entre 10 et 20 dollars jusqu’en 2001. 

 

→ 2001 – 2008 : le retour vers les sommets 

Depuis le début des années 2000, le prix du pétrole augmente sans raison politique majeure contrairement aux chocs des années 1970 mais à cause : 

* la hausse de la demande en particulier chinoise due à l’accès de 500 millions d’habitants à la société de consommation 

* l’épuisement rapide des réserves mondiales de certaines régions, 

* les investissements trop faibles de la décennie précédente, les équipements pétroliers sont vieux et utilisés à 100 % de leur capacité ; 

L’OPEP refuse d’augmenter leur production alimentant ainsi une hausse vertigineuse du prix du baril de pétrole. Le mercredi 2 janvier 2008, le baril atteint 100 dollars pour la première fois de son histoire à la bourse de New York, ce qui correspond à son plus haut niveau en dollars constants depuis avril 1980. Le 11 juillet 2008, le prix atteint un pic de 147 dollars. Depuis, le prix a considérablement baissé pour se stabiliser autour de 50 $ malgré des décisions de l’OPEP visant à réduire leur production. 




– L’ordonnance du 02 février 1945

24022008

B – L’ordonnance du 02 février 1945 

  

L’Ordonnance du 2 février 1945, relative à l’enfance délinquante, restructure les juridictions, et l’Ordonnance du 1er septembre 1945 apporte des modifications importantes à l’organisation de l’administration centrale en matière de protection de la jeunesse. 

  

L’Éducation surveillée, qui était une sous-direction de l’administration pénitentiaire, devient une direction autonome, à vocation non plus répressive mais éducative : assurer la prise en charge des mineurs délinquants et la protection de ceux dont l’avenir apparaît gravement compromis en raison des insuffisances éducatives et des risques qui en résultent pour leur formation ou pour leur santé physique. 

  

La direction de l’Éducation surveillée s’organise autour de 3 bureaux : 

  

-          les institutions d’État qui déterminent le régime et les méthodes d’observation et d’éducation applicables aux établissements dépendants du ministère de la Justice, recevant des mineurs délinquants et assurent également la gestion de ces établissements. 

  

-          les institutions privées qui contrôlent les services sociaux fonctionnant auprès des tribunaux pour enfants et les institutions privées recevant des mineurs délinquants ou vagabonds. 

  

-          les affaires judiciaires qui étudient les différents problèmes ayant pour objet les enfants traduits en justice, la détention préventive des mineurs, la protection de l’enfance. 

  

Avocate, chargée de mission auprès de F. de Menthon (garde des Sceaux dès septembre 1944), Hélène Campinchi préside la commission qui a abouti à la rédaction du projet de l’Ordonnance du 2 février 1945. Son mari, César Campinchi, lui-même Garde des Sceaux en 1938, avait déposé une année plutôt un projet de réforme de la loi de 1912. 


Ce texte fondamental, toujours en vigueur, proclame la prééminence de l’éducatif sur le répressif : 

  

-          Un corps de magistrats spécialisés, les juges des enfants, est établi à raison d’un par tribunal. Ceux-ci peuvent prescrire des mesures éducatives diversifiées et en assurer le suivi. Ces mesures peuvent être confiées par le juge soit à un service ou à un établissement public, soit à une structure relevant du secteur associatif : observation et éducation en milieu ouvert ; placement en foyer, en internat, semi-internat, ou chez une personne « digne de confiance » ; placement dans un service départemental d’aide à l’enfance. 

  

-          Des postes de fonctionnaires avertis des problèmes de rééducation des mineurs tels que pédagogues, médecins, psychologues sont créés. 

  

-          La notion de minorité est modifiée : la distinction entre les mineurs de 13 ans et ceux de 18 ans disparaît de même que la nécessité de discernement entre 13 et 18 ans. Désormais, quel que soit l’âge des mineurs prévenus, les affaires sont instruites et jugées suivant une procédure identique. L’Ordonnance réforme le régime du casier judiciaire des mineurs : l’inscription au casier n’est plus faite, désormais, que sur les bulletins délivrés aux seuls magistrats, à l’exclusion de toute autre autorité ou administration publique. L’effacement pur et simple de la peine prononcée devient possible, après expiration d’un délai de 5 ans, dans le but de lever tout obstacle aux chances de relèvement durable du mineur. 




la période 1920 – 1937

24022008

b) La période 1920-1937 

  

De 1920 à 1927, le secteur privé essaye tant bien que mal de créer de nouvelles institutions, ce qui n’est pas chose facile puisque les moyens financiers manquent cruellement. Dans la même période, l’administration pénitentiaire est contrainte de fermer certains de ses établissements. 

  

Face aux violentes critiques qu’elle doit essuyer de la part du gouvernement, l’administration se défend en attaquant certaines oeuvres privées. Ces dernières rétorquent en accusant les colonies pénitentiaires de participer de manière indirecte à la recrudescence de la délinquance. 

  

En 1924 une campagne de presse est menée par Louis Roubaud alors journaliste au Quotidien de Paris. Il conclut, après son enquête dans différentes colonies pénitentiaires, que ces écoles professionnelles sont tout simplement l’école du bagne. 

  

Le juge Henri Rollet, qui est le fondateur d’œuvres de patronage diverses et le créateur des premiers comités de défense des enfants traduits en justice, dénonce en 1927 l’énorme malaise qui touche toute la rééducation, secteur privé et secteur public confondus dans un « commun naufrage ». 

  

En 1930, Jacqueline Albert-Lambert s’interroge dans l’Intransigeant : « Que se passe-t-il à la colonie de Mettray ? » Ses prises de position entretiennent un certain malaise mais ne suffisent pourtant pas à réveiller l’opinion publique. Il faut attendre l’été 1934 et la révolte des jeunes colons de Belle-Ile en Mer pour qu’enfin soit révélé le « scandale des bagnes d’enfants ». 


  

Alexis Danan, journaliste au Paris-Soir est l‘investigateur de l‘Histoire de Belle-Ile. 

C’est par lui, par sa renommée, et par son entêtement aussi, qu’est entretenue la campagne de presse parfois exagérée mais véridique puisqu’en 1941 Jean Bancal, Inspecteur Général de l’administration écrit : 

«Au cours des années 1936 et 1937, au moment où l’effort de modernisation des maisons d’éducation surveillée était le plus vigoureux, le moindre incident était démesurément grossi et la vérité odieusement travestie. Rien n’a été épargné, même pas les photos truquées… Qu’importe la véracité des faits pourvu que les midinettes s’arrachent la sixième édition à cause de son gros titre émouvant sur trois colonnes mais il faut avoir le courage de reconnaître que ceux qui prétendaient que les colonies pénitentiaires étaient des écoles de contamination morale et un bouillon de culture, où se développaient les plus mauvais instincts, n’avaient pas toujours tort… Il faut maintenant prononcer la déchéance de l’administration pénitentiaire. » 

La seconde guerre mondiale retarde encore les réformes nécessaires. Il faut attendre 1945 pour qu’enfin soit abordé fondamentalement le problème du traitement de la délinquance des mineurs. 




loi de 1912 ( suite )

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Les professions qu’elle crée 

  

L’examen de personnalité et les rapporteurs 

  

A cet effet, la loi crée des rapporteurs : magistrats, avocats, avoués, membres de sociétés de patronage reconnues d’utilité publique ou des comités de défense des enfants traduits en justice. 

Le rapporteur doit entendre l’enfant et toutes personnes utiles, recueillir tous renseignements et procéder à toutes contestations utiles, mais il n’a pas le pouvoir du magistrat instructeur auquel il doit en référer s’il rencontre des obstacles. 

  

Cette enquête porte sur la situation morale et matérielle de la famille, sur le caractère et les antécédents de l’enfant, sur les conditions dans lesquelles celui-ci a vécu et a été élevé et sur les mesures propres à assurer son amendement. Le mineur de treize ans n’est passible que de mesures de protection ou d’éducation. 

  

Pour les mineurs de plus de treize ans, le tribunal ou la cour doit poser la question du discernement. Si le mineur est reconnu avoir agi avec discernement, il sera condamné à une peine mais il pourra bénéficier d’une excuse légale atténuante. Les peines sont subies soit dans une section dite de répression d’une colonie correctionnelle pour les peines criminelles, soit dans un quartier séparé de maison d’arrêt jusqu’à six mois, dans une colonie pénitentiaire de jeunes détenus entre six mois et deux ans, soit dans une colonie correctionnelle au-dessus de deux ans. 

  

Entre seize et dix-huit ans, les mineurs reconnus coupables et ayant agi avec discernement* sont assimilés aux majeurs, ils ne bénéficient d’aucune réduction de peine et subissent leur peine dans les mêmes établissements que les adultes. 

  

Primauté des mesures d’éducation 

  

Les tribunaux devront recourir davantage aux mesures éducatives* qu’aux peines. Pour qu’elles soient applicables, il convient que le mineur soit reconnu comme ayant agi sans discernement. 

Les mineurs de treize ans peuvent les acquitter simplement, être rendus à leurs parents, placés hors de leur famille dans un internat approprié, remis à l’Assistance publique. La remise à une colonie pénitentiaire est exclue. Certains établissements de l’Administration pénitentiaire sont destinés cependant à recevoir des mineurs de treize ans. 


  

Les mineurs de treize à dix-huit ans, reconnus comme ayant agi sans discernement, pourront  être remis à une institution charitable ou être conduits dans une colonie pénitentiaire pour y être élevés ou détenus pendant le nombre d’années que le jugement déterminera et qui, toutefois, ne pourra excéder l’époque où ils auront atteint l’âge de vingt et un ans. 

  

La liberté surveillée* est l’innovation la plus importante de la loi de 1912. La liberté surveillée, applicable à tous les mineurs, même en dessous de treize ans, peut être ordonnée soit au stade de l’information, soit au stade du jugement, provisoirement comme mesure d’observation pour les mineurs de treize à dix-huit ans, soit comme mesure définitive ou susceptible d’être révisée. 

Cette surveillance s’exerce par l’intermédiaire de délégués qui sont des personnes connues des magistrats et possédant leur confiance. Ils ne figurent sur aucune liste à la différence des rapporteurs près les juges d’instruction, mais ils doivent remplir les mêmes conditions d’âge, d’honorabilité, de nationalité que ces derniers. Ils relèvent du contrôle du tribunal qui les mandate et peut les révoquer à volonté. Leurs fonctions sont gratuites et ils ne peuvent prétendre qu’au remboursement de leurs frais de déplacement. 

Cette mesure avait pour objectif de donner aux mineurs rendus à leur famille, ou confiés à une personne ou à une oeuvre charitable, une sorte de tuteur moral et elle offrait cet avantage de parer aux conséquences à caractère irrévocable des décisions prises. 




La procédure compte un certain nombre de dérogations à la procédure de droit commun, destinées à simplifier et à accélérer le jugement de l’affaire et à éviter que le mineur ne souffre de l’appareil de la justice.

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3 – La situation au 20ème siècle 

  

a) Le changement de 1912 

  

L’administration pénitentiaire est donc grandement remise en question. Le 13 mars 1911 elle quitte, le Ministère de l’Intérieur pour être rattachée au Ministère de la Justice. 

  

La loi du 22 juillet 1912 organise officiellement cette transition ainsi que les nouvelles dispositions concernant la répression des délits de l’enfance et la prévention des jeunes délinquants. 

Bien avant cette date, les professionnels de la justice ont pris conscience du fait qu’ils rencontrent des problèmes quotidiens dans la défense et la sauvegarde des enfants traduits en justice. Ce mouvement prend naissance au sein même des palais de Justice vers 1878-1880 et la longue évolution qui s’en suivra sera la base du système. 

Cela se traduit par l’adoption de quelques lois comme celle du 19 avril 1898 sur le placement des mineurs «auteurs ou victime » d’infractions pénales et la loi du 

12.04.1906 qui étend le bénéfice de la minorité pénale à la tranche d’âge de 16 à 18 ans. 

Les législations étrangères sur l’enfance ont influencé la loi du 22 juillet 1912 qui pose et reconnaît les grands principes qui organisent désormais le système français et elle influencera aussi la protection judiciaire de l’enfance délinquante et en danger des ordonnances du 2 février 1945 et du 23 décembre 1958. 

  

Cette loi, comme un grand nombre de lois, permet une évolution mais comporte des imperfections puisque les auxiliaires des magistrats rapporteurs et délégués à la liberté surveillée étaient uniquement des personnes bénévoles et sans formation, les examens de personnalité n’étaient pas obligatoires pour le juge, la liberté surveillée semblait elle-même une mesure bien imparfaite, la guerre de 1914-1918 allait retarder encore l’application de cette loi. 

  

  

Ø        La loi de 1912

  

Les mineurs de treize ans sont déclarés irresponsables, passibles de la juridiction de la Chambre du Conseil du tribunal civil. Cette juridiction est confiée au Président du tribunal et elle est considérée traditionnellement comme la plus compétente pour juger les affaires délicates de l’état des personnes. Elle siège à huis clos, ce qui évite de donner une publicité péjorative aux affaires intéressant la vie privée des familles. Les mineurs de treize à dix-huit ans relèvent du tribunal pour enfants et adolescents, qui siègent au chef-lieu de chaque arrondissement, composé de trois magistrats de carrière, d’un magistrat du ministère public et d’un greffier, les magistrats devant être le plus possible spécialisés.

La procédure compte un certain nombre de dérogations à la procédure de droit commun, destinées à simplifier et à accélérer le jugement de l’affaire et à éviter que le mineur ne souffre de l’appareil de la justice. 

Les procédures de flagrant délit et sur citation directe sont interdites, le mineur doit avoir un défenseur donc un avocat. L’action civile sera soumise au tribunal civil séparément de l’action publique. La publicité de l’audience est restreinte, plus restreinte pour les mineurs de treize ans que pour ceux de dix-huit ans. 

L’instruction de l’affaire vise à établir l’infraction, car la loi ne s’applique qu’aux mineurs délinquants, mais elle vise aussi à recueillir des renseignements sur la personnalité du mineur et son milieu, en vue du choix de la meilleure mesure à prendre. 

  

 




2 – La situation au 19ème siecle avec la colonie pénitentiaire

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2 – La situation au 19ème siecle avec la colonie pénitentiaire 

  

  

A la fin du Moyen Age et jusqu’aux années 1820, les enfants, les mineurs délinquants sont confinés parmi les prisonniers adultes. Par la suite, il est apparu des colonies pénitentiaires agricoles d’enfants dont l’objectif était de rééduquer les mineurs par le travail et l’apprentissage. 

La colonie la plus connue est la colonie agricole de Mettray. C’est à cinq kilomètres au Nord de Tours, que se trouve le vaste domaine de 700 hectares que le Vicomte Bretignières de Courteilles donna en 1838 à la société La Paternelle pour y implanter une colonie agricole destinée à recevoir les enfants acquittés par les tribunaux ou placés par mesure de correction paternelle pour y être « élevés et enfermés » pendant le nombre d’années que le jugement a déterminé. 

  

  

Les enfants vivaient dans des conditions quasi militaires : ils passaient leurs nuits dans des hamacs, le réveil était sonné à l’aide d’un clairon. Les enfants placés à Mettray, appelés « colons » étaient répartis en deux catégories : les colons sédentaires et les colons cultivateurs. Ils étaient répartis dans ces 2 classes suivant leurs aptitudes particulières, leurs spécialités. Si une personne étrangère à la colonie cherchait un apprenti, il devait consulter la table de classement pour l’industrie dont il avait besoin et le tableau d’honneur des colons concernés. 


De violentes critiques ont été dirigées vers la maison paternelle de Mettray car même si les directeurs de cette colonie étaient « des hommes dignes, considérables, chargés d’ans et d’honneur »,  ils étaient surtout décrits pour être « des bourreaux amateurs, des criminels de droit commun sur lesquels la main de la Justice doit s’abattre avec d’autant moins de ménagements qu’ils furent toujours impitoyables avec les autres. » 

  

L’administration pénitentiaire est donc grandement critiquée à la fin du 19ème siècle. 




A – Évolution de cette justice jusqu’en 1945 – 1 -

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A – Évolution de cette justice jusqu’en 1945 

  

1 – Son principe 

  

A partir de la fin du 18ème siècle, on commence à reconnaître le principe qui réside à dire que le mineur, donc l’enfant, n’a pas atteint sa maturité, ce qui le différencie du majeur. On commence à prendre conscience que l’action publique, donc l’action de la société, ne devra pas reprocher au mineur son manque de maturité puisqu’il n’aura pas fini de se construire. Ainsi, le développement demeure au cœur de l’intervention de la société auprès des mineurs. C’est pourquoi son cadre, sur le plan des droits qu’ils soient civils, pénaux, sociaux et de l’aide sociale comme sur le plan procédural est toujours marqué par une distinction entre ce qu’il y a de progressif et ce qu’il y a de définitif dans la mesure, entre ce qui a vocation à éduquer et ce qui sanctionne, entre ce qui relève des collectivités territoriales et ce qui relève de l’État.




Intoduction

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INTRODUCTION 

  

Le mot « justice », dans la signification qui nous intéresse ici, représente l’institution judiciaire. Celle-ci est la vertu par laquelle on rend son dû, ce qu’on doit avoir, et elle est chargée de faire respecter les droits d’autrui. 

Cette institution a le pouvoir judiciaire de dire le Droit, de le faire respecter au nom de la loi et de la vérité. Ce pouvoir constitue l’ensemble des tribunaux et des magistrats qui jugent les infractions, délits et crimes. 

  

La majorité civile, majorité légale ou encore tout simplement majorité, désigne l’âge auquel une personne est juridiquement considérée comme civilement capable et responsable. 

Avant la majorité, la personne est qualifiée de « mineure ». Un mineur n’a pas tous les droits qu’un majeur possède (disposer librement de sa propriété, s’engager seul dans un contrat, droit de vote et droit civique). 

  

La distinction qui nous apparaît principale entre un mineur et un majeur concerne l’irresponsabilité civile et pénale qui est à différencier de la responsabilité pénale. 

  

La responsabilité civile* consiste le plus souvent à verser une somme d’argent à la ou les victimes pour réparer le tort qui a été commis. Elle est engagée devant les tribunaux dits « civils ». A l’opposé de la responsabilité pénale, la responsabilité civile ne nécessite pas que le comportement reproché soit interdit par la loi. 

  

La responsabilité pénale* est la responsabilité que l’on a lorsqu’on a commis des actes interdits par la loi. Cette responsabilité amène devant les tribunaux pénaux.  L’âge de la majorité a beaucoup évolué au fil du temps. En France, depuis 1974, elle est fixée à 18 ans, c’est pourquoi le Code Civil déclare : « Le mineur est l’individu de l’un ou l’autre sexe qui n’a point encore l’âge de dix-huit ans accomplis. » 

  

Nous avons donc vu, que la loi fait une différence entre le mineur et le majeur. Nous sommes donc en droit de nous demander quelle justice on doit adopter, particulièrement pour les mineurs délinquants, puisque cette interrogation est à l’ordre du jour suite aux différentes remises en question de ce droit. 

La question consiste à se demander quelle politique est menée pour les mineurs délinquants en France, en Angleterre et aux Etats-Unis et si par conséquent, les mineurs sont des justiciables comme les autres ?

Nous avons choisi ces trois pays car la France et son système de protection ont beaucoup évolué ces dernières années ainsi qu’en l’Angleterre et aux États Unis où un grand pas a été franchi lorsque le 1er mars 2005 la peine de mort pour les mineurs a été abolie. 

  

Nous construirons donc notre dossier sur 2 axes. Dans un premier temps, nous parlerons de la France et de son système de justice pour les mineurs délinquants avec son fondement, l’ordonnance du 02 février 1945 et son évolution, et dans un second temps nous étudierons le système de justice pour les mineurs britanniques et des Etats-Unis (avec une partie sur la peine de mort ).







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