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20 04 2009

1. PNB et chômage de 1947 à 1955 dans les pays de l’OCDE  

a) « L’OCDE regroupe les gouvernements attachés aux principes de la démocratie et de l’économie de marché en vue de : soutenir une croissance économique durable, développer l’emploi, élever le niveau de vie, maintenir la stabilité financière, aider les autres pays à développer leur économie, contribuer à la croissance du commerce mondial », Convention relative à l’Organisation de coopération et de développement économiques, le 14 décembre 1960.  

Dans un contexte de Guerre Froide qui débute entre les Etats Unis et l’URSS, chacun des deux Grands légitime sa vision de l’Europe et du monde, une théorie associée à des actions par la suite. Pour les Etats Unis, le président Truman dévoile sa doctrine en septembre 1947. Il annonce l’endiguement du communisme ou le « containment ». Les dirigeants américains persuadés que la pauvreté est le terreau de cette idéologie demandent au général Marshall de mettre en place un plan d’aide et c’est chose faite le 5 juin 1947 puisque le plan Marshall destiné à 16 pays de l’Ouest et refusé par l’URSS et les démocraties populaires pour assurer leur reconstruction économique, est élaboré. Ce plan prévoit également la création d’une organisation européenne permettant aux États de gérer eux-mêmes les fonds versés par les États-Unis pour cette reconstruction soit 180 milliard de dollars jusqu’en 1962. A l’issue de la conférence de Paris, l’Organisation Européenne de Coopération Economique (OECE) est donc créée par la convention du 16 avril 1948. Elle compte 17 membres. Ses objectifs concernent la coordination de l’effort de reconstruction de l’Europe occidentale, le resserrement des liens économiques des membres et la libéralisation du commerce et des échanges monétaires.  

Puis, l’organisation se tourne vers les études économiques et étend son regard au-delà de la dimension européenne et prend finalement le nom d’OCDE par la Convention relative à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE ) signée à Paris par vingt pays le 14 décembre 1960.  

Aujourd’hui avec 30 Etats membres (Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Slovaquie, République Tchèque, Royaume-Uni, Suède, Suisse, Turquie), l’OCDE comprend la plupart des pays les plus développés et démocratiques du monde. L’ensemble formé par ces pays représente 76 % du PNB mondial en 2007.  

b) Le document 2 nous montre l’évolution de deux outils statistiques à savoir le taux de chômage et la variation annuelle du PNB par habitant sur la période 1947 – 1995 nous permettant de prendre conscience de la santé économique de la France.  

Le taux de chômage, le rapport entre le nombre de chômeurs et la population active occupée, évolue à la hausse de 3 % en 1947 à 8 % en 1995. On observe également la variation annuelle du PNB par habitant, c’est à dire la variation de la répartition de richesses produites (valeurs ajoutées) par tous les agents économiques de nationalité française. En 1947 comme en 1995, on observe une variation annuelle de 2% du PNB par habitant. Force est de constater qu’une corrélation négative existe entre ces deux outils statistiques sur les différentes périodes. Si le taux de chômage est élevé, la variation annuelle du PNB par habitant est faible et inversement. On peut distinguer clairement trois phases distinctes et une semble se dessiner :  

*  de 1947 à 1972, on assiste globalement à une baisse du chômage entre 2 et 4 %. Le taux de chômage étant faible sur cette période, la répartition est plus favorable à la population puisque le PNB/habitant progresse de 4 à 6 % par an et même jusqu’à 7 – 8 % sur la période 1947 – 1957. Ces deux outils statistiques dressent une partie du portrait économique et social des « Trente Glorieuses » entre 1945 et 1973. Cette période est marquée par une facilité d’accès à la société de consommation, une moyennisation de la société, le plein emploi,… même si l’amplitude de la variation du PNB/habitant est très importante sur cette période.  

* de 1973 à 1983, la décennie est marquée par les deux chocs pétroliers (1973 et 1979) et leurs conséquences. On assiste à une envolée du taux de chômage, de 3% en 1973 à 9 % en 1983. De même que pour la première phrase, la corrélation négative entre les deux outils économiques apparait. Le taux de chômage augmente, la répartition de la richesse produite sur le territoire français à la population diminue grandement. C’est une conséquence logique de la faible croissance économique de cette époque (pas plus de 4% de hausse par an et même des années où la croissance du PNB/habitant est négative comme en 1976 et 1982)  

* entre 1984 et 1992,  cette période est plus heureuse pour l’économie française : taux de chômage en chute libre de 9 % en 1983 à 6 % en 1992 (taux néanmoins élevé, semblable à celui de 1980) et une amélioration du PNB/habitant avec des hausses de 1 à 4 %)  

* l’année 1993, première année où le PIB (somme des VA produites par les agents économiques sur le territoire français) diminue, c’est à dire que la croissance est négative (croissance dépressive ou décroissance) marque le début d’une phase morose qui se poursuit actuellement d’autant plus que la crise économique noircit le tableau (chômage élevé, décroissance prévue pour 2009). Sur la période considérée, le taux de chômage passe de 6 à 8 % et l’évolution du PNB Par habitant évolue à la hausse et ce annuellement d’environ 1 à 2.5 %    

 

c)  A la lecture du graphique, une année en particulier (1973) marque une cassure nette dans l’évolution globale du taux de chômage et du PNB/habitant. C’est l’amorce d’une période longue durant laquelle le taux de chômage est (très) élevé et la croissance du PNB par habitant faible. Pour la première fois de l’histoire, le taux de chômage passe au dessus de la barre des 4 % et la variation annuelle du PNB est négative.  

Le 6 octobre 1973, une majorité d’habitants de l’Etat hébreu, Israël, célèbre Yom Kippour, le jour le plus sacré du calendrier juif. La coalition égypto-syrienne lance alors une attaque surprise pour récupérer les territoires conquis par Israël à savoir la péninsule du Sinaï et plateau du Golan en en juin 1967. L’aide militaire américaine (livraisons d’armes par pont aérien), a permis à l’Etat hébreu de débloquer la situation. La réaction arabe est immédiate. Réunis le 16 octobre à Koweït City, les principaux producteurs du Golfe décident d’augmenter de 70% le prix du baril de brut. Ils imposent par la suite une réduction mensuelle de 5% de la production pétrolière et un embargo sur les livraisons de pétrole à destination des Etats-Unis et de l’Europe occidentale. En un an, le prix du baril passe d’environ 3 dollars à 12 dollars. Les pays producteurs, souvent issus de la décolonisation réclament une amélioration des termes de l’échange (augmentation du prix des produits qu’ils vendent aux anciennes métropoles et diminution du prix des produits qu’ils leurs achètent). Lors de la Conférence d’Alger en 1973, les différents pays réclament un Nouvel Ordre Economique International (NOEI). Pour montrer que leur poids décisionnel est important, ils provoquent le choc pétrolier de 1973.  

 La guerre du Kippour est le facteur déclenchant du premier choc mais elle n’est qu’un prétexte pour les pays producteurs du Golfe Persique afin de modifier les termes de l’échange en leur faveur. Le rapport de forces change et les pays occidentaux ne peuvent plus se passer du pétrole arabe. Logiquement, l’augmentation du prix du baril affaiblit les économies occidentales dont la croissance repose largement sur une consommation importante de pétrole. La France n’est pas épargnée. La production industrielle baisse de 15%. Les pays capitalistes souffrent du phénomène de stagflation, c’est à dire une forte inflation et une croissance économique modérée du fait de la hausse des coûts de production surtout les matières premières, l’augmentation des charges sociales et la massification de la masse monétaire internationale surtout pour le dollar. La chute de la production entraine un nombre important de faillites et de chômeurs). A l’été 1975, on dénombre un million de demandeurs d’emploi en France. Les « Trente Glorieuses » selon l’expression de l’économiste J. Fourastié (trois décennies de croissance ininterrompue et d’améliorations sociales qu’ont connues la France et l’Europe de l’Ouest depuis la fin de la guerre) s’achèvent.  

Suite au choc, les premières mesures anti-gaspillage apparaissent (instauration de l’heure d’été et l’heure d’hiver pour réduire la consommation d’énergie). Les pays occidentaux tentent aussi de diversifier leur approvisionnement énergétique en réduisant la dépendance au pétrole moyen-oriental au profit notamment du gaz soviétique (à nuancer suite aux événements du gaz russo – ukrainien lors de l’hiver 2008 – 2009). En France, le programme nucléaire connaît au cours de l’année 1974 une accélération sans précédent. Malgré les efforts le chômage augmente dans un contexte de croissance ralentie.  

 2. L’évolution des prix du pétrole 1950 à 2008   

Les prix sont donnés en « dollars constants », c’est à dire que les prix sont corrigés de la hausse des prix (inflation) par rapport à une donnée de base ou de référence.  

L’exploitation du pétrole, une énergie fossile est l’un des piliers de l’économie industrielle contemporaine, l’un des enjeux géostratégiques majeurs, l’une des sources de convoitises et de tensions : son prix évolue donc très fréquemment et très rapidement. 

La demande pétrolière et donc le prix du baril dépendent de la croissance économique, le prix du pétrole, les conditions climatiques, le prix des énergies concurrentes principalement gaz et charbon, la fiscalité sur les produits pétroliers; le taux de change du dollar, la spéculation,…  

→ 1950 – 1973 : un baril à 10 $  

Durant les Trente Glorieuses (1945-1973), les pays développés ont connu une forte croissance économique, qui s’est marquée entre autre par l’augmentation de la production industrielle. Le pétrole, étant à la base de la fabrication d’un certain nombre de produits, les analystes ont observé un très fort accroissement de la consommation d’énergie (1,7 milliard de TEP, tonne équivalent pétrole, en 1950 à 5,2 milliards de TEP en 1970 soit un triplement en 20 ans). Durant ces trois décennies, le pétrole est bon marché. L’utilisation du charbon connaît donc un déclin et provoque une crise économique suite à la disparition des bassins charbonniers. Parallèlement, la population mondiale augmente de 60 % tandis que la production de pétrole est multipliée par sept.  

Le prix du baril est faible grâce aux nouveaux gisements qui se trouvent et qui s’exploitent facilement, à faible coût. Les régions productrices connaissent une forte croissance. On assiste à l’apparition de nouveaux moyens de transport comme les oléoducs entrainant la diminution importante des coûts. Cependant, une inquiétude persiste quant à une éventuelle saturation du marché. Les prix baissant, les pays disposant des plus vastes réserves constituent en 1960, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), un organisme chargé de coordonner les intérêts des pays membres. Son poids sur la scène internationale croit progressivement. Les pays producteurs, souvent issus de la décolonisation réclament une amélioration des termes de l’échange (augmentation du prix des produits qu’ils vendent aux anciennes métropoles et diminution du prix des produits qu’ils leurs achètent). Lors de la Conférence d’Alger en 1973, les différents pays réclament un Nouvel Ordre Economique International (NOEI). Pour montrer que leur poids décisionnel est important, ils provoquent le choc pétrolier de 1973.  

Les pays savent qu’une telle croissance de la production ne peut être infinie. Certains pays producteurs veulent limiter la production pour la prolonger. Conscients de leur pouvoir face aux pays consommateurs et aux compagnies pétrolières, ils réclament des négociations qui ont lieu à Téhéran, à Tripoli en 1971. Il en résulte une légère augmentation du prix du baril. Par ailleurs, la production américaine atteint son pic en 1971.  

  

→ 1974 – 1980 : un baril vers le sommet des 90 $, conséquence du premier choc pétrolier de 1973  

Le premier choc pétrolier s’est produit en 1973. Ses effets se font sentir jusqu’à la fin des années 1970.Pendant la guerre du Kippour menée par un certain nombre de pays contre Israël pour récupérer les territoires que cet Etat a annexé en 1967,  les 16 et 17 octobre 1973, les pays arabes membres de l’OPEP, réunis au Koweït ( pays détenant la moitié des réserves pétrolières du Golfe Persique), annoncent un embargo sur les livraisons de pétrole contre les États « qui soutiennent Israël ». Ils annoncent l’augmentation du prix du baril et la somme revenant aux États producteurs, le contrôle absolu de la production pour maintenir un prix élevé et la participation croissante, de la part de ces pays, aux opérations de production.  

L’Arabie Saoudite, Etat pourtant ami des Américains, déplore leur soutien à Israël qui met en danger selon lui les régimes arabes modérés. Lors de la guerre du Kippour, Nixon approvisionne en armement l’État hébreu  face à l’attaque égypto-syrienne ravitaillée par les Soviétiques. En réponse, les pays du Golfe augmentent de 70 % le prix affiché du baril. Les représentants des pays arabes pétroliers (OPAEP) décident une réduction mensuelle de la production pétrolière jusqu’à évacuation des territoires occupés et reconnaissance des droits des Palestiniens. La pénurie suscite la panique ; les prix poursuivent leur ascension. L’Agence internationale de l’énergie (AIE), créée à cette occasion ne parvient pas à rétablir l’ordre.  

Certains pays arabes souhaitent une réduction de la production pour maintenir les prix à la hausse. Mais les États-Unis refusent cette perspective. Pour s’opposer à toute diminution de la production, les États-Unis sont prêts à intervenir militairement dans la péninsule arabique pour prendre le contrôle des principaux puits.  

Par la suite, l’OPEP ne retrouve pas une telle puissance économique et politique. Les objectifs de l’embargo ne sont pas atteints. Pour se protéger, les Etats décident l’amélioration du rendement énergétique, la diversification des sources d’énergie (en France, développement de l’industrie nucléaire).  

 

→ 1981 – 2000 : vers un retour à la normal ?  

Le deuxième choc pétrolier s’est produit en 1979 du fait de la révolution iranienne et de la guerre Iran-Irak. Le prix du pétrole est multiplié par 3 entre 1978 et 1981. Le 8 septembre 1978, des émeutes à Téhéran sont violemment réprimées (« le Vendredi noir »). Le 22 septembre 1980 commence la guerre Iran-Irak. L’arrêt des exportations iraniennes provoque de nouvelles hausses de prix. Une psychose s’empare des pays consommateurs, chacun tente de reconstituer ses stocks.  

Les pays consommateurs cherchent à réaliser des économies d’énergie et à trouver d’autres sources d’énergie d’où un ralentissement de la consommation du pétrole. Grâce à la nouvelle répartition des revenus entre les pays producteurs et les pays consommateurs, les pays producteurs bénéficient d’une rente de situation puisque leurs exportations génèrent des recettes considérables. Cette manne financière est en partie injectée dans leur économie locale sous forme d’investissements ou redistribuées plus ou moins à la population. Mais une grande part de ces capitaux est mal utilisée. A partir de 1986, le prix du baril diminue car les pays du Golfe augmentent massivement leur production grâce à un plan convenu avec les États-Unis pour affaiblir l’économie soviétique, pour laquelle le pétrole représente un pilier. Les pays du Golfe, contrairement à l’URSS, ont des coûts de production bas, et peuvent donc supporter une baisse du prix du baril d’où une des causes de l’effondrement du bloc soviétique.  

La croissance économique restant faible dans la plupart des pays, la demande n’augmente pas beaucoup.  

Cependant, la hausse du prix du baril de pétrole à la fin des années 1980 est due à l’intervention américaine en Irak pour empêcher une invasion du Koweït (pays à fortes ressources pétrolières) par cet Etat. Les Etats Unis épaulés de façons divers par des Etats comme la France, l’Allemagne, le Royaume – Uni et le Japon, interviennent par intérêt économique et se disent être les « gendarmes du monde ». 

Les inquiétudes sur l’approvisionnement en pétrole s’estompent. Les efforts en matière d’efficacité énergétique et d’énergies nouvelles sont relâchés. Les investissements dans la filière pétrolière sont réduits également. Le prix oscille entre 18 et 30 dollars jusqu’en 2001.  

 

→ 2001 – 2008 : le retour vers les sommets  

Depuis le début des années 2000, le prix du pétrole augmente sans raison politique majeure contrairement aux chocs des années 1970 malgré les attentats du 11 septembre 2001, la guerre en Irak en 2003, le conflit récent russo-géorgien en 2008 qui font peser à l’époque des tensions sur ces régions productrices, mais à cause :  

* la hausse de la demande en particulier chinoise due à l’accès de 500 millions d’habitants à la société de consommation  

* l’épuisement rapide des réserves mondiales de certaines régions,  

* les investissements trop faibles de la décennie précédente, les équipements pétroliers sont vieux et utilisés à 100 % de leur capacité ;  

L’OPEP refuse d’augmenter leur production alimentant ainsi une hausse vertigineuse du prix du baril de pétrole. Le 2 janvier 2008, le baril atteint 100 dollars pour la première fois de son histoire à la bourse de New York, ce qui correspond à son plus haut niveau en dollars constants depuis avril 1980. Le 11 juillet 2008, le prix atteint un pic de 147 dollars. Depuis, le prix a considérablement baissé pour se stabiliser autour de 50 $ malgré des décisions de l’OPEP visant à réduire leur production.  

 

 


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